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Vendredi 4 décembre, le Grand Conseil levait sa dernière session de 2020… Au plan sanitaire, le parlement venait d’annuler, en vitesse et sans guère de débats, la mise en place d’une commission ad hoc saisie de la situation liée au COVID-19. «Circulez y’a rien à voir» ont estimé en substance les élu.e.s du bloc autoproclamé d’union sacrée : PLR, PS, PDC, Verts… Les mécanismes déjà en place seraient adéquats.

Vendredi 4 décembre, au même moment mais apparemment sur une autre planète, la Tribune mettait en ligne un papier inquiétant relatant les propos de la médecin cantonale, la Dr Tardin, et du directeur de la santé Adrien Brond. Celui-ci déclarait: «Si les mesures prises début novembre ont porté leurs fruits et que la poursuite de l’épidémie a été grandement freinée, on constate malheureusement que la diminution des cas de Covid s’est interrompue…» Cherchez l’erreur !

La Dr Tardin affichait sa grande préoccupation dans la Tribune: le taux de reproduction effectif de la maladie est remonté… La baisse des cas a cessé, on était sur un plateau de la courbe au même niveau qu’au moment de l’explosion de la deuxième vague en octobre… Elle annonçait craindre «une troisième vague avant la fin de l’année déjà»!

«Ce ralentissement n’est pas une surprise, la réouverture entraîne plus de contacts, de mobilité, soit un terreau favorable à la dispersion du virus», commentait Adrien Bron. La médecin cantonale ajoutait que d’autres assouplissements, notamment liés à la reprise des activités impliquant des soins à la personne, ont aussi pu avoir un impact…

Mais les élu.e.s PS et Verts qui avaient voté « par mégarde » la commission ad hoc ont rétropédalé en revotant dans l’autre sens avec le PLR et le PDC, sans savoir ni se soucier de ce qu’ils liraient dans la Tribune ensuite… Dont le Grand Conseil en session n’a PAS ÉTÉ INFORMÉ ! Ils et elles ont refusé de voir une commission se poser la question du contrôle sur un Conseil d’Etat promu gouvernement d’«union sacrée».

Un sacré scandale
C’était d’autant plus scandaleux que le Conseil d’Etat, mercredi 25 novembre avait annoncé l’ouverture indiscriminée et sans restriction tous les magasins, cédant aux pressions des commerçant.e.s et contredisant frontalement une injonction votée par un Grand Conseil qui l’incitait à un examen prudent d’une éventuelle réouverture «en vue d’une réglementation plus différenciée, tenant compte des indicateurs objectifs d’évolution de la situation pandémique…»

Bref – au nom de ses pouvoirs d’urgence le Conseil d’Etat sosu pression prenait des décisions irresponsables, bafouant au passage les avis du Grand Conseil… comme les mises en garde préalables de ses propres experts… Et qui payera la casse que prévoient nos experts? Les malades et les mort.e.s de la troisième vague qui vient, le personnel de la santé… les salarié.e.s et les précaires touchés de plein fouet par les conséquences économiques et sociales d’une crise dont les effets auraient pu être atténués par des mesures efficaces et courageuses à portée de main.

Il est temps que les autorités genevoises se ressaisissent dans ce sens !