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C’est une droite unie, de l’UDC au PDC, en passant par le PLR et le MCG, qui a refusé de traiter en urgence le projet de loi d’Ensemble à Gauche (EàG) prévoyant une contribution de solidarité des grandes fortunes à un fonds en faveur de l’aide sociale aux victimes de la crise générée par le COVID-19.

A l’heure où le gouvernement multiplie les aides financières, bien plus généreuses envers les entreprises qu’envers les personnes précarisées par la crise, il est pourtant impératif de trouver des financements afin de déployer des services publics indispensables.

Contribution de solidarité : une mesure raisonnable
Les mesures d’urgence proposées par Ensemble à Gauche (présentées ci-dessous), ainsi que par les autres partis, ont un coût. C’est le prix à payer pour sauver des vies, prévenir des souffrances et éviter une crise sociale et économique majeure. Pour cela, il faut épargner les revenus du travail, fortement hypothéqués par la crise, en sollicitant une contribution de solidarité de la part de celles·ceux qui disposent des plus grandes fortunes.

Notre projet de loi était à la fois nécessaire et raisonnable. Il prévoyait un prélèvement unique plafonné à 1% sur la part des fortunes cantonales qui dépassent 2 millions, soit par exemple 5000 CHF pour une fortune de 2,5 millions. Cet impôt de crise devait rapporter 600 à 800 millions de francs pour alimenter un fonds d’indemnisation des salarié·e·s, des précaires et des familles victimes de COVID-19.

Ensemble à Gauche proposait la mise en place d’un tel fonds de solidarité sociale en faveur:
1. des personnes dont les revenus ont été amputés ou supprimés par la pandémie, alors que leurs charges restaient inchangées ;
2. des personnes qui ont dû faire face à des dépenses supplémentaires imprévues pour bénéficier d’une assistance indispensable ;
3. des personnes qui vont devoir prolonger la durée de leurs études, alors que les aides qu’elles perçoivent sous forme de bourses ou de prêts sont de durée limitée.

Dans un contexte aussi grave, il nous paraissait juste et proportionné d’inviter les personnes qui disposent d’une richesse personnelle considérable à contribuer modestement à un fonds d’aide aux victimes du COVID-19. Il faut savoir que, de 2003 à 2015, les fortunes des personnes physiques de notre canton ont crû en moyenne de 7,7% par an, plus rapidement que dans la plupart des autres cantons de Suisse, alors que les recettes de l’impôt sur la fortune ne progressaient que de 4,9%. De plus, le canton de Genève est aussi celui qui connaît aujourd’hui la répartition de la fortune la plus inégalitaire de Suisse.

En s’opposant à ce projet d’EàG, la droite a démontré qu’elle défendait avant tout les intérêts des nantis. Le projet a été renvoyé en commission fiscale, où la droite lui réservera évidemment un enterrement de première classe.

Urgences sur des mesures sociales et écologiques refusées
Ensemble à Gauche réclamait que d’autres mesures sociales soient discutées en urgence par le Grand Conseil. Un premier projet prévoyait une augmentation d’environ 100 CHF des subsides d’assurance maladie ainsi que leur élargissement, afin de soulager les personnes aux revenus modestes et la classe moyenne inférieure touchées durement par la crise. Un autre projet réclamait un investissement d’un million en faveur des cyclistes et des infrastructures de mobilité douce, à l’heure où les mesures de distanciation sociale entraînent une augmentation du trafic et une baisse forcée de la fréquentation des transports publics.

Seule l’urgence au sujet d’une résolution réclamant du Conseil d’Etat qu’il prévoie des subventions supplémentaires en faveur des associations œuvrant en première ligne face à la pandémie a été acceptée. Il s’agit notamment d’associations actives dans les domaines de la santé, du social, de l’asile et des violences sexistes, qui font face à une explosion des demandes d’aides. Cette résolution n’a pas pu être débattue lors de cette session du Grand Conseil. Elle a été renvoyée en commission.

EàG poursuit imperturbablement la lutte pour que la voix du monde du travail, des oublié·e·s et des exclu·e·s soit entendue à Genève!