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Un débat sur la révision totale de la Loi sur la coopération et la mobilité internationale en matière de formation s’est tenu aujourd’hui au Conseil national. La majorité de droite a rejeté plusieurs amendements déposés par la conseillère nationale genevoise d’Ensemble à Gauche, Stefanie Prezioso, en faveur de la promotion de l’égalité femmes-hommes en matière de bourses d’études ainsi que de la mobilité des personnes d’origine modeste. Un autre amendement, réclamant l’exclusion des domaines de la défense et de l’armement de la coopération internationale ainsi que la mobilité, a également été rejeté.

Pas d’encouragement en faveur des femmes et des précaires
Un amendement déposé par Ensemble à Gauche, et soutenu par une partie de la gauche, réclamait que la mobilité des femmes et des personnes d’origine modeste soit encouragée. Un autre amendement réclamait qu’au moins 50% des bourses d’excellence distribuées avec un soutien fédéral bénéficient à des femmes.

« Afin de garantir l’égalité des chances inscrite dans la Constitution fédérale (art. 2, al. 3), il est essentiel de prévoir des mesures clairement incitatives visant à privilégier des mécanismes de discrimination positive », défend la conseillère nationale EàG. La mobilité est l’un des multiples facteurs qui, à la suite d’une formation, permet de trouver plus facilement des débouchés dans le monde du travail. »

Ces arguments ne sont pas parvenus à convaincre un Parlement sourd à l’égalité. Le premier a été rejeté par 126 voix contre 64 et 1 abstention. Quant au second, seul-e-s 67 élu-e-s l’ont soutenu tandis que 125 s’y sont opposé-e-s.

Exclure la défense, l’armement et les domaines nuisibles aux droits humains de la coopération
Ensemble à Gauche a également déposé un amendement réclamant l’exclusion de la coopération internationale et de la mobilité des domaines de la défense et de l’armement ainsi que de l’ensemble des domaines pouvant porter atteinte aux droits humains. Ce dernier réclamait que le Conseil fédéral définisse, en collaboration avec les organisations non gouvernementales actives dans la défense des droits humains, une liste des domaines exclus.

« Si on ne veut pas que la neutralité suisse ne se résume à un concept à géométrie variable rend délicate la coopération académique dans les domaines touchant à la défense ou à l’armement », avance Stefanie Prezioso. « Collaborer avec les universités militaires de certains pays engagés dans des conflits et qui se voient reprocher de violer des droits humains ou des traités internationaux, dont la Suisse est en plus potentiellement dépositaire, est hautement problématique. La Suisse doit se montrer exemplaires dans ces domaines et renoncer à des coopérations académiques allant à l’encontre de ses valeurs. »

La conseillère nationale a notamment cité l’exemple d’universités romandes ayant signé des conventions avec l’Université hébraïque de Jérusalem, qui forme l’élite de Tsahal… « L’armée israélienne, qui occupe la Palestine, et est responsable de nombreuses violations des droits humains, fréquemment dénoncées par l’ONU et de nombreuses ONG », a-t-elle indiqué. « Elles est notamment coupable de perpétuer le régime d’apartheid qui règne de part et d’autre de la frontière. »

Fidèle à la tradition helvétique de soutien indéfectible aux pays impérialistes, le Conseil national a sèchement rejeté cette proposition par 143 voix contre 44, et 1 abstention. Seul-e-s les Vert-e-s et une partie du groupe socialiste l’ont soutenue. EàG poursuit sa lutte en faveur de l’égalité et d’un monde plus juste!