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Le budget 2021 du Canton de Genève n’apporte aucune réponse à la crise sociale majeure que nous traversons. Le Conseil d’Etat n’en a visiblement pas compris l’ampleur, ou plutôt, il a décidé d’en faire payer le prix exclusivement aux salarié·e·s et aux petits indépendant·e·s. En cela, il a été suivi par l’ensemble des partis gouvernementaux, socialistes et verts compris, qui se moquent de la détresse grandissante de larges couches de la population. C’est pourquoi Ensemble à Gauche s’est opposé à ce budget sur le dos de la fonction publique et des prestations, tandis que les grosses fortunes et les entreprises bénéficiaires profitent plus que jamais de privilèges fiscaux inacceptables.

Genève est le canton où les richesses sont le plus inégalement réparties de Suisse. Et la crise, en plongeant dans la précarité une partie de la population, a encore creusé le fossé entre les couches populaires et les multimillionnaires. Le vote du Grand Conseil consacre ainsi la soumission de la plus grande partie des élu·e·s aux intérêts des grandes entreprises et des gros propriétaires. Une fois de plus, les salarié-e-s sont les grands oubliés des débats. Le Conseil d’Etat avait ainsi, de manière parfaitement provocatrice, rompu les négociations avec la fonction publique, alors qu’il s’attaquait aux salaires et aux retraites des employé·e·s du DIP, des HUG, de l’IMAD, des EMS, de l’Hospice Général, etc., pourtant mobilisés en première ligne contre la pandémie.

Un front allant de l’UDC au PS a ainsi décidé de suspendre l’annuité 2021, qui fait pourtant intégralement partie du salaire de la fonction publique. Seul EàG s’y est fermement opposé en déposant un amendement visant plutôt à suspendre pour un an la réduction prévue de l’imposition des sociétés qui réalisent des bénéfices, alors que l’aide aux entreprises en difficulté participe largement au creusement du déficit. Selon les prévisions du Département des finances, la diminution de l’impôt sur les bénéfices devrait coûter 147,1 millions de plus à l’Etat de Genève en 2021, soit plus du double de ce qui avait été annoncé au moment de la votation sur la RFFA (71,3 millions) et presque trois fois le montant économisé par le non-versement de l’annuité (55 millions).

La crise majeure que nous traversons impose de prendre rapidement des mesures fortes afin de redistribuer les richesses, stopper la précarisation galopante de la population et garantir l’emploi et les revenus. En même temps, le déficit de l’année 2021 s’annonce colossal, tout comme celui de 2020. En plus des conséquences de la pandémie, le canton souffre en effet d’un déficit structurel de plusieurs centaines de millions de francs résultant des cadeaux fiscaux à répétition faits aux privilégiés. Il est donc essentiel de garantir le financement des services publics et des prestations à la population en taxant plus fortement les super-riches. Ensemble à Gauche a fait de nombreuses propositions dans ce sens : abolition du bouclier fiscal, hausse de l’impôt sur les grosses fortunes, rétablissement d’un impôt sur la part des successions en ligne directe supérieure à deux millions, taxation complète des dividendes… Face au refus systématique de la droite et du MCG, de plus en plus alignés derrière le PLR, de tout effort fiscal des privilégiés, il est nécessaire de s’adresser directement à la population en recourant à des initiatives populaires.

Contre un gouvernement et un parlement totalement aligné sur les intérêts des plus riches, au sein duquel les magistrat·e·s socialistes et verts participent directement à une politique qui accroît sans cesse l’injustice sociale, il est aujourd’hui indispensable de renforcer le combat des salarié·e·s du privé et du public, de constituer un large front politique et syndical pour taxer plus fortement les privilégiés.