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Le parlement s’est payé un moment humoristique lors de la dernière session. En exécutant sans appel un projet de loi initié fin 2018 par des député·e·s PS et cosigné par la présidente actuelle des Verts genevois et un saupoudrage de député·e·s de droite allant de Bertand Buchs à Gabriel Barrillier en passant par… Magali Orsini. Il s’agissait d’une réforme constitutionnelle qui aurait dû être soumise en votation populaire puisque l’ambition des auteur·e·s du projet était de réviser la Constitution genevoise adoptée en 2012 au chapitre des… armoiries genevoises.

Il y a bien des choses à corriger dans ce texte approuvé de justesse à 54 % a affirmé Pierre Vanek au nom d’EàG, par exemple l’art 9 qui au titre des « principes de l’activité publique » ravale l’action de l’Etat au service de la collectivité… à un simple « complément » de l’initiative privée et de l’action individuelle !

Mais ici les auteur·e·s du projet ont entrepris de corriger la description, héraldiquement fautive donnée par les constituant·e·s des armoiries genevoises… Nécessaire, pas vraiment !

Pierre Vanek a insisté comme d’autres – sur le fait que cette imperfection ne portait pas à conséquence et ne méritait pas un vote populaire. Au contraire, les petites imperfections familières humanisent leur porteur et on s’y attache !


Le texte en projet de l’art.7  aurait disposé que :

Les armoiries de la République et canton de Genève portent : parti, au 1 d’or, à la demi-aigle éployée de sable, mouvant du trait du parti, couronnée, becquée, languée, membrée et armée de gueules ; au 2, de gueules, à la clef d’or en pal contournée. Cimier : un soleil naissant d’or, portant en cœur le trigramme de sable.


Nous avons fait remarquer que la « langue héraldique » en question était incompréhensible pour le commun des mortel·le·s et dérogeait à l’art. 5 de la constitution voulant que la langue officielle soit le français, comme dérogent au français la devise latine Post tenebras lux ou le trigramme IHS en letttres grecques… qui déroge en outre comme logo de l’église protestante genevoise et comme sceau des jésuites à l’obligation de laïcité de l’État de l’art.3 de la constitution… ce qui est le cas évidemment aussi de la clé de Saint-Pierre… sans parler de la demi-aigle signe périmé de l’immédiateté impériale manifestement notre subordination directe au titulaire du trône du Saint-Empire romain germanique… sans parler des souvenirs douloureux de nos frères mort à la Bérésina pour avoir suivi d’autres aigles impériaux discutables.

Bref, le parlement n’est pas entré dans les vues de Cyril Mizrahi qui considérait pourtant que cette révision constitutionnelle était « indispensable » (sic !) Le projet a été repoussé, tant mieux.