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La commission des finances a voté à l’unanimité (et quelques abstentions) un crédit complémentaire pour le paiement de l’annuité 2016 de la fonction publique que le gouvernement avait choisi de ne pas payer, au mépris de ses obligations.  La décision –illégale – du Conseil d’Etat n’aura finalement fait qu’alourdir la facture qui s’élève aujourd’hui à 233,5 millions de francs pour canton.  Elle illustre l’acharnement de l’Etat à faire payer aux salarié-e-s de la fonction publique les économies qu’il veut réaliser pour baisser massivement l’imposition des entreprises.

En 2016, le Conseil d’Etat avait choisi d violer ouvertement la loi en ne payant pas l’annuité de la fonction publique, malgré la décision contraire d’une majorité du Grand Conseil. En juin 2018, la Cour de justice avait jugé cette manœuvre illégale. Pourtant, le gouvernement s’était entêté en déposant un recours au Tribunal fédéral, qui l’a jugé irrecevable.

Le Tribunal fédéral a considéré, ce qui n’était plus un secret pour personne, qu’en gelant l’annuité 2016, l’Etat de Genève avait violé ses obligations légales en tant qu’employeur. Son obstination en dit long sur le climat politique qu’il nourrit collégialement, avec le soutien de l’ensemble des partis de droite en traitant systématiquement les salarié-e-s de la fonction publique d’« enfants gâtés ».

Finalement, le gouvernement s’est tiré une balle dans le pied, la facture étant bien plus salée qu’elle ne l’aurait été s’il avait rempli ses obligations en 2016. En effet, le paiement en retard exige également un rattrapage pour les années ultérieures et une prise en charge à 100% par l’Etat, les entités subventionnées n’étant pas en mesure de financer de tels montant rétrospectivement.

En 2016, la baisse de l’imposition des profits des entreprises de 24,2% à 13,9% était en préparation. Aujourd’hui, c’est une réalité. Les mauvais coups vont donc redoubler sur la fonction publique, sur ses usager-e-s, sur les bénéficiaires de prestations sociales et sur les contribuables des couches populaires. Ensemble à Gauche ne laissera rien passer et en appelle la population à résister.