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«Du pain et des roses!» réclamaient des femmes américaines manifestant pour de meilleurs salaires, pour le droit de vote et pour des conditions de vie plus roses le 8 mars 1909. Le 8 mars 1917, des centaines d’ouvrières se sont mises en grève et ont manifesté à Saint-Pétersbourg: la révolution russe était en marche.

Officialisée en 1910 comme la journée internationale des femmes sous l’égide de la révolutionnaire Clara Zetkins, le 8 mars est l’occasion de mobiliser les femmes autour des questions féministes. Dès 1945, cette journée perd son caractère offensif et militant au profit d’une célébration de «La Femme», stéréotypée et soumise à l’ordre patriarcal d’un capitalisme triomphant.

Dans les coulisses pourtant, la lutte pour l’égalité et le droit de vote se poursuit. Dans les années 60–70, les questions du droit à l’avortement et à la contraception relancent le mouvement féministe, redonnant son rôle initial au 8 mars: une journée internationale visibilisant et réunissant les femmes qui luttent pour leurs droits et contre les discriminations.

En 2017, ce sont les femmes polonaises qui ont manifesté pour le droit à l’avortement. En Amérique latine, c’est au travers du mouvement Ni Una Menos contre les violences machistes et les féminicides que les femmes s’unissent. Et plus récemment, le mouvement #EleNão initié contre l’extrême droite au Brésil est largement porté par des femmes. Dans plus de 50 pays les femmes font grève et manifestent avec des slogans tels que «Si nos vies ne valent rien, produisez donc sans nous!». Puis, le hashtag Metoo libère la parole des femmes en révélant l’ampleur et la systémisation des violences sexuelles. Dans l’État espagnol, le 8 mars 2018, plus de 5 millions de femmes en grève descendent battre le pavé pour crier leur colère.

Ces actions féministes et collectives témoignent d’une prise de conscience toujours plus large des inégalités que toutes les femmes subissent au quotidien, et de l’importance de s’emparer de tous les moyens de luttes à disposition pour se faire entendre.

Le 8 mars 2019, de nouvelles grèves féministes auront lieu en France, en Italie, en Espagne, en Belgique et ailleurs, partout les femmes seront dans les rues. En Suisse, si la grève féministe sera le 14 juin 2019, le 8 mars demeure une date symbolique primordiale. Le Collectif genevois pour la grève des femmes*, organise un rassemblement-goûter dont la solidarité avec les luttes féministes à travers le globe sera l’axe central. Des manifestations et des actions sont aussi prévues dans tous les cantons.

Le 8 mars sera une journée de solidarité entre les femmes* du monde entier, et en Suisse une étape de plus vers le 14 juin. Nous y rappellerons que l’opposition au patriarcat s’inscrit dans un combat contre un système capitaliste qui oppresse et précarise toujours plus les femmes partout dans le monde. Ce n’est qu’en étant solidaires et en faisant converger les luttes qu’une société plus égalitaire et plus juste pour tou·te·s pourra voir le jour.