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*Comparaison entre le nombre de patient-e-s COVID hospitalisé-e-s dans le canton de Genève durant le première et la deuxième vague. (source: HUG)

La Suisse a atteint un nombre record de nouveaux cas. Les soins intensifs de plusieurs hôpitaux, notamment à Genève, sont déjà en surcharge alors que certains cantons renâclent à accueillir les patients Covid d’autres cantons.

En une semaine à peine, le pays a vu une progression du nombre de morts de 18,6%, (soit deux fois plus qu’en France), la plus forte hausse au monde juste derrière la Pologne. Et le canton de Genève, siège de l’OMS, a le triste privilège d’être la région d’Europe la plus touchée. Le tri des patient.e.s y est déjà une réalité… « Une société qui renonce à soigner ses aîné-e-s et les personnes fragilisées parce qu’elle refuse de développer la santé publique va droit dans le mur ! » s’insurge Stéfanie Prezioso, conseillère nationale EàG. « La faillite politique des exécutifs de ce pays est totale et le Conseil fédéral annonce des mesures d’une timidité incompréhensible. Pas d’harmonisation des mesures au niveau national, pas de protection des salarié-e-s, pas d’aides dignes de ce nom en faveur de la population dans son ensemble… le Conseil fédéral ne prend pas la mesure de la gravité de la situation ».

Ainsi le Conseil fédéral ne veut pas distribuer de nouvelles aides en faveur des secteurs sinistrés et rejette cette responsabilité sur les cantons, qui seront responsables des mesures concrètes destinées aux entreprises en difficulté. Le Conseil fédéral a uniquement prévu une enveloppe ridicule de 200 millions, qui permettra à la Confédération de participer pour moitié à des mesures cantonales de soutien aux entreprises particulièrement touchées. Ainsi, Vaud obtiendrait au maximum 17,5 millions et Genève 13,5 millions. Une aide totalement inappropriée. A titre indicatif, le canton de Vaud planche sur un plan d’un demi-milliard, à Genève, le seul appui aux entreprises sinistrées est devisé à près de 100 millions de francs. Le geste poussif de la Confédération est inacceptable ! D’un côté, la Confédération maintient des centaines de milliers d’emplois via les RHT ; de l’autre, elle refuse de maintenir à flot les entreprises qui emploient ces personnes…

L’un des pays les plus riches du monde laisse sa population seule, alors que l’ampleur de la crise sanitaire actuelle, neuf mois après le début de la première vague, aurait pu être anticipée.


Les 15 mesures urgentes proposées par Ensemble à Gauche

Le coût de ces mesures peut être financé par un prélèvement exceptionnel de 1% sur la seule part des grandes fortunes qui dépasse 2 millions, que l’on peut estimer à un total de 1250 milliards, qui permettrait de constituer un fonds de 12,5 milliards de francs. Ne serait-il pas normal que celles et ceux qui ont plus que doublé leurs avoirs au cours de ces 20 dernières années contribuent à aider le reste de la population par un « petit geste » en période de crise ? On comprendra que c’est une question de volonté politique de la part des autorités. Il n’y a pas de temps à perdre !

  1. La mise à disposition gratuite à toutes et tous des moyens les plus élémentaires : masques contrôlés, solutions hydroalcooliques, tests à la demande le jour même avec résultats dans les 24 h., cellules de traçage renforcées.
  2. Le renforcement du service public de la santé et la mise sous contrôle public du secteur sanitaire privé, pour garantir une meilleure prise en charge égale des malades et de meilleures conditions de travail pour le personnel soignant.
  3. Un moratoire interdisant toute baisse de salaire ou dégradation des conditions de travail ou de retraite dans le secteur public, tant au niveau de la Confédération que des cantons.
  4. La protection des personnes vulnérables et particulièrement à risque qui doivent être libérées de leur obligation de travailler avec maintien du revenu.
  5. Des indemnités journalières permettant aux salarié-e-s en RHT ou au chômage de toucher 100% de leur salaire (jusqu’à concurrence de 1,5 fois le salaire médian), ceci tant que durera la pandémie.
  6. La couverture par la Confédération des pertes liées au coronavirus de l’ensemble des secteurs sinistrés.
  7. Un moratoire sur les loyers commerciaux des secteurs particulièrement fragilisés par la crise sanitaire.
  8. L’interdiction de licenciement jusqu’à nouvel avis.
  9. La mise hors la loi des assurances privées qui ont retiré le coronavirus de leur couverture.
  10. Le contrôle strict des normes de sécurité sanitaire sur les lieux de travail.
  11. L’arrêt des activités non-essentielles qui justifient des concentrations trop élevées de salarié·e·s.
  12. L’abandon de la Première classe dans les trains aux heures de pointe et l’augmentation des capacités des transports publics afin d’assurer la distanciation sociale.
  13. La mise en place d’un fonds en faveur des personnes qui ne bénéficient pas d’une protection sociale, notamment les sans-papiers.
  14. La régularisation collective des sans-papiers pour qu’ils-elles puissent avoir accès aux soins et aux aides sociales dont iles-elles ont besoin. La suspension de l’application des articles 62 alinéa 1 lettre e et 63 al. 1 lettre c de la Loi sur les étrangers et l’intégration (LEI), qui font planer sur les personnes titulaires de permis L, B et C qui recourent aux aides sociales la menace d’un retrait de permis, d’un non-renouvellement ou même d’un renvoi suivant les cas.
  15. La protection sans délai des acteurs et actrices culturels avec la mise en place d’un statut leur garantissant un revenu mensuel équivalent aux prestations complémentaires fédérales (environ 4000 CHF).

Des mesures plus énergiques sont indispensables mais dans une optique participative et dans le respect des libertés démocratiques et des droits politiques (droit de manifester et suspension des délais référendaires et d’initiatives). Aucune prévention n’est concevable sans participation consciente et volontaire de toutes et tous !

Ensemble à Gauche tient à témoigner une fois de plus sa solidarité aux personnes actuellement malades ou isolées, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui en prennent soin, de près ou de loin.