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Lors de la séance extraordinaire du parlement convoquée largement à l’initiative d’EàG pour traiter de la résolution 853 visant à «réprouver l’acceptation d’un luxueux cadeau par M. Pierre Maudet et son chef de cabinet, à l’occasion de leur voyage à Abu Dhabi, fin novembre 2015 » aucun conseiller ou conseillère d’Etat n’était présent, à commencer bien entendu par le principal intéressé. La Cheffe de groupe d’EàG a envoyé une lettre au bureau du Grand Conseil pour dénoncer ce mépris.

Outre l’aspect symbolique de mépris pour le Grand Conseil et de récusation par le gouvernement de l’acte de haute surveillance sur le Conseil d’Etat que constituaient nos débats «extraordinaires», cette absence représentait une crasse violation de la loi.

En effet, la Loi portant règlement du Grand Conseil (LRGC) en son art. 63 dit que «Les conseillers d’Etat assistent aux séances du Grand Conseil.» Or si on veut bien admettre que tous les Conseillers d’Etat ne peuvent assister à toutes les séances du Grand Conseil, eu égard à leurs emplois du temps, l’absence simultanée et non-excusée de tous les Conseillers-Conseillères d’Etat, lors d’une séance du Grand Conseil les concernant au premier chef, viole manifestement, tant l’esprit que la lettre de l’art.63 LRGC.

La Cheffe du groupe EàG, Jocelyne Haller, a adressé le lendemain une lettre au bureau du Grand Conseil lui demandant, en substance, de taper sur les doigts du Conseil d’Etat à ce sujet et de lui rappeler que le respect de la loi n’est pas optionnel, mais obligatoire, pour lui comme pour les autres.

Pierre Maudet a quant à lui, le même jour, revendiqué a contrario ce boycott, irrespectueux tant de la loi que du Grand Conseil, en alléguant que le Conseil d’Etat «n’entendait pas par sa présence cautionner un simulacre d’instruction» de son affaire…

Rappelons-lui que l’«instruction» concernant les tenants et les aboutissants obscurs de son voyage aux Emirats devra être menée par la Justice, comme aussi par la Commission de contrôle de gestion du Grand Conseil… Mais, pour ce qui est de la réprobation du «cadeau» ayant fait l’objet de la résolution votée en session extraordinaire du Grand Conseil… cet élément ne demande pas d’«instruction» particulière, il représente un sursaut légitime de la part d’un parlement qui ne veut pas qu’on le considère comme complice de comportements inacceptables d’un magistrat sur lequel il est censé exercer une haute surveillance !

par Pierre Vanek, député EàG,
pierre.vanek@gc.ge.ch