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Lors de la dernière session, les député-e-s avaient l’occasion de renforcer durablement la politique sociale du logement du canton de Genève et de lutter contre la pénurie de logement en acceptant deux lois. La première, le Projet de loi 11144, proposait de prolonger le contrôle des prix des loyers et la régulation des prix de vente des appartements en zone de développement de 10 à 20 ans. Le deuxième projet de loi, le Projet de loi 11964, souhaitait interdire la dégradation volontaire des maisons et des biens laissés vides afin d’empêcher quiconque d’y loger. Malheureusement, au lieu de répondre à la préoccupation numéro une des genevois-e-s, la majorité de droite et d’extrême droite, emmenée par le PLR, a préféré maintenir les profits et les privilèges des milieux immobiliers.

Lutter contre la spéculation et les loyers exorbitants
L’idée était pourtant simple. Alors que les loyers ont augmenté de près de 20% durant les dix dernières années et que le prix actuel des loyers libres est tout simplement prohibitif pour la majorité de la population, il est nécessaire de plafonner les loyers. Garder des prix accessibles pour toutes et tous doit être un objectif. Or la loi générale sur les zone de développement (LGZD) prévoit que lors de nouvelles constructions dans cette zone, les loyers sont contrôlés sur une période de dix ans. Il en va de même du prix de vente maximum des appartements. Cette loi, qui avec la LDTR (Loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d’habitation) sont les seuls réels instruments d’une politique sociale du logement à Genève, a justement pour but d’empêcher les hausses de loyers à chaque changement de locataire, mais aussi d’éviter des ventes d’appartements à des fins spéculatives.  Le PL 11144 proposait tout simplement de prolonger ce contrôle des loyers et des prix à 20 ans, contre 10 actuellement. Cette mesure simple et efficace, aurait permis de garder sur le marché des appartements à des prix modérés pendant beaucoup plus longtemps. Mais pour la droite, cela entravait les profits faisables à court et moyen termes par les propriétaires, mais surtout par les milieux immobiliers. LE PLR, le PDC, l’UDC et le MCG ont préféré garantir lesdits profits plutôt que d’aider la population genevoise qui en a de plus en plus besoin.

Pas de logements vides et condamnés à Genève
Qui n’a pas déjà vu des logements vides, aux portes et fenêtres murées à Genève ? Cette triste réalité est particulièrement choquante en pleine pénurie de logement. Certains propriétaires vont même jusqu’à intentionnellement dégrader leurs maisons vides pour empêcher des personnes d’y habiter. C’est tout simplement inacceptable quand des dizaines de personnes dorment dans la rue chaque jour à Genève, quand des centaines de réfugié-e-s sont relégué-e-s dans des bunkers et quand plus de 8500 personnes attendent de pouvoir bénéficier d’un logement social.

Alors certes, nous vivons dans un pays beaucoup trop libéral qui sacralise la propriété privée à tel point que la dignité humaine peut être bafouée pour la préserver. Pourtant, la propriété privée est l’une, si ce n’est la principale source d’inégalités de richesses et de revenus dans le monde. En proposant d’interdire la dégradation volontaire d’un biens immobiliers et l’instauration de l’obligation de rénover ou de reconstruire ce bien, le projet de loi 11964 avait au moins le mérite de pointer le problème de l’opposition d’intérêts entre des propriétaires et le reste de la population. Mais là-encore, les intérêts immobiliers ont été plus forts que le bien-être de la majorité et le parlement a refusé d’œuvrer pour que chaque personne puisse trouver un logement.

Si des mesures pourtant très timides comme celle-ci ne passent pas la rampe de ce parlement clairement assujetti aux milieux immobiliers, alors il nous faudra être beaucoup plus offensifs sur cette question de la propriété foncière. Lorsque les besoins vitaux de la population sont en jeu, les comportements égoïstes et purement intéressés des propriétaires ne doivent pas entraver une politique sociale du logement. Ainsi, si les propriétaires ne s’avèrent pas capables d’assumer leur rôle, ils ne méritent pas d’être propriétaire. Ce n’est donc pas une incitation qu’il faudrait inscrire dans la loi, mais une obligation assortie d’une expropriation en cas de non-respect de cette présente. Nous avons besoin de chaque logement disponible dans ce canton et l’enrichissement de quelques-uns ne saurait s’opposer à la nécessité d’un toit pour toutes et tous.  La lutte continue…