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L’impôt sur les chiens vient d’être supprimé à Genève, et c’est une bonne chose. Pour un seul chien, il en coûtait 80 francs par an (189 francs pour deux chiens). Ce n’est donc pas son montant qui posait le plus gros problème, mais son principe. Cette proposition, issue du MCG et reprise par l’UDC, nous a valu quelques grognements du PS et des Verts au nom de la responsabilité individuelle. Un argument servi généralement par la droite ! Pourquoi EàG a soutenu l’abolition de cette taxe ?

D’abord, parce que nous sommes en principe contre les taxes et émoluments, et pour la prise en charge des dépenses publiques par l’impôt direct fortement progressif. Ensuite, parce que nous refusons l’idée selon laquelle les seuls contribuables directement concernés doivent prendre en charge les dépenses, aussi modestes soient-elles, qu’ils-elles occasionnent à la société. Enfin, parce que la détention d’un chien n’a aucune raison d’être découragée par des taxes dissuasives, comme la consommation de cigarettes.

L’utilité sociale du chien n’est pas à démontrer : pour les personnes seules, il contribue au développement de liens sociaux ; pour les plus âgé·e·s d’entre nous, il incite à une mobilité accrue ; pour les enfants, il est un merveilleux compagnon de jeu, etc. Cela vaut bien le nettoyage par les services publics des quelques crottes qu’une minorité de maîtres·ses indélicats négligent de ramasser eux-elles-mêmes sur la voie publique.

L’auteur du rapport de majorité, Romain de Sainte-Marie (PS) a eu le douteux aplomb de défendre cette taxe injuste au nom des finances publiques. Pourtant, elle ne rapporte que 2 millions, alors que son prélèvement coûte fort cher. Or, il y a à peine un mois, ce même député ne craignait pas de faire le beau et de donner la patte à la droite en défendant la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RFFA), qui va pourtant priver l’Etat et les communes de plus de 400 millions de recettes !

Ainsi les personnes physiques, dont le taux d’impôt pour un salaire médian est de l’ordre de 25%, devraient-elles s’acquitter d’une taxe supplémentaire pour la détention d’un chien, alors que les plus grandes entreprises du canton, qui bénéficient massivement des infrastructures collectives, verraient leur taux d’imposition sur les bénéfices réduit de 24,2% à 13,99%. On croit rêver…