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La volonté de la RTS de concentrer la production radiophonique de Berne à Zürich et l’information télévisuelle de Genève à Lausanne va à l’encontre de la pluralité et de la diversité des médias et porte atteinte à l’indispensable équilibre entre les régions. Au fil du temps, après d’autres restructurations et délocalisations, après les pertes d’emplois importantes que ces dernières ont induites, le canton de Genève devient le parent pauvre de la presse et des médias. Le mandat de droit public de la SSR implique la tâche de refléter la réalité suisse aux plans national, régional et local. Mais les projets de re-concentrations qu’elle a livré récemment sont en contradiction avec cette vocation.

Si le projet de la SSR prévu pour 2024 devait se réaliser notre canton perdrait près de 200 postes de travail, avec tout ce que cela impliquerait de surcroît de perte de compétences et d’occasions perdues de transmission de savoir-faire et de constitution d’une relève professionnelle.

Le Grand Conseil s’est déjà engagé contre la délocalisation et l’appauvrissement d’une part conséquente des médias genevois. Aujourd’hui, un mouvement citoyen couvrant un large spectre politique se mobilise contre les velléités de concentration énoncées par la SSR. Le Conseil d’Etat, s’est également positionné en ce sens.

La pluralité et la diversité des médias sont les ferments de la libre formation de l’opinion, qui est une liberté garantie par la Constitution. Il incombe par conséquent aussi au Parlement de veiller à l’effectivité de ce droit constitutionnel. C’est pourquoi, il s’imposait pour lui d’exercer son droit d’initiative cantonal et d’adresser une résolution (R880) à l’Assemblée fédérale. Une majorité du Grand conseil l’a bien compris et a accepté d’aller en ce sens. Réitérant ainsi son soutien aux médias et son refus de les voir réduits à peau de chagrin.

Jocelyne Haller