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Le débat sur ce projet de loi s’était vu, sur décision du bureau, attribuer une durée de 40 minutes. Ce temps devait être réparti en 10 tranches de 4 minutes: 7 pour les partis ayant 4 minutes chacun, 4 minutes chacun-e pour les 2 rapporteurs… et 4 minutes pour le Conseil d’Etat. Or Pierre Maudet s’est exprimé 8 minutes et 40 secondes, selon notre chronométrage. Il s’agit de plus du double du temps normal que Pierre Maudet pouvait utiliser, si celui-ci avait été «équitablement réparti» comme le demande l’art. 72C de la LRGC en son alinéa 2.

Que l’on dépasse de 15 ou 30 secondes le temps imparti pour une intervention, cela peut arriver dans l’emportement d’une envolée. MAIS que l’on dépasse le temps d’une minute, puis une minute de plus, puis d’une minute encore, puis d’une minute supplémentaire… Avec enfin 40 secondes en rab, c’est manifestement exagéré. Mais que faisait donc le Président ?

On comprend bien dans le cas de Pierre Maudet que «Qui vole un bœuf, n’en a cure de voler un œuf.» Mais cette violation de la loi n’est ni accidentelle, ni acceptable: Pierre Maudet a livré un discours très travaillé (c’est vrai qu’il a le temps, déchargé qu’il est de la plupart de ses fonctions), dont il ne pouvait pas ignorer la longueur… comme il ne devait pas ignorer la loi que nul n’est censé ignorer, fut-ce «seulement» la Loi portant règlement du Grand Conseil (LRGC) …cette fois et pas le Code pénal.

Ce dépassement massif du temps de parole du Conseiller d’Etat est d’autant plus problématique que la LRGC dispose, en son article art.71 que: «La durée d’une intervention ne doit pas dépasser sept minutes.» Donc, même par rapport à cette «règle de base», valable même en «débat libre», le Conseiller d’Etat a dépassé son temps de près de deux minutes.