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Il y a deux ans environ, le Grand Conseil votait à une voix près une loi controversée assouplissant le secret médical en prison. Il n’en fallait pas moins pour provoquer une levée de bouclier des milieux de la santé, qui ont fait aboutir une initiative visant à réinstaurer le secret médical pour toutes et tous, soutenue par Ensemble à Gauche. Après un renvoi de l’Initiative de l’Association des médecins genevois à la commission judiciaire et de la police, cette dernière a élaboré un contre-projet largement accepté par le Grand Conseil lors de cette session, permettant le retour du secret médical en milieu carcéral. Cette décision représente un revers majeur à la politique du Conseil d’État en la matière, et à celle de Pierre Maudet en particulier.

Ensemble à Gauche enregistre là un succès déterminant car nous nous sommes fortement impliqués, dès le début, afin de défendre le droit des détenu-e-s de pouvoir bénéficier d’une thérapie dans un climat de confiance avec leur thérapeute. L’article 17 du Code pénal, concernant l’état de nécessité, permet depuis longtemps déjà à des thérapeutes de communiquer des informations concernant un danger imminent. Il n’était donc pas utile pour le Conseil d’État de bomber le torse et d’invoquer l’affaire Adeline afin de présenter une loi d’application en vue de supprimer le droit de suivre une thérapie entière au bénéfice du secret médical. Faut-il rappeler encore une fois que le secret médical n’entrait ni de près ni de loin dans le terrible drame de la Pâquerette? Le Conseil d’État a néanmoins essayé de présenter un amendement afin de durcir le contre-projet issu des travaux de la commission mais rien n’y a fait. Le Grand Conseil a plébiscité un contre-projet équilibré qui a apporté quelques précisions utiles à l’initiative tout en réinstaurant le secret médical en milieu carcéral.