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Nous reproduisons ici des extraits l’intervention de Jean Batou, au nom du groupe EAG.

«Pour EAG la gestion du Conseil d’Etat doit être rejetée. Ce gouvernement a une majorité de droite qui donne le la, et une minorité de gauche se laissant dicter une politique de droite: mais ce il est collectivement responsable de la politique régressive qu’il conduit.

Mais la politique cantonale ne se laisse pas enfermer à la Tour Baudet ou au parlement, même s’il faudra en changer la couleur en avril. Il y a en effet des forces faisant la différence à gauche: les militant-e-s d’EAG bien sûr, mais aussi celles-ceux du PS, des Verts et au-delà… femmes, hommes, citoyens, usagers, salariés, syndicalistes, qui témoignent chaque jour de leur rejet de cette politique.

Si nous refusons la gestion de ce gouvernement, nous nous abstiendrons sur les politiques publiques prises une à une, non pas que nous soyons moins sévères envers celles-ci, mais parce que c’est d’abord le gouvernement et la majorité du parlement qu’il faut sanctionner et non l’action d’un conseiller d’Etat particulier. Ce n’est pas de tel ou tel magistrat qu’il faut prendre congé au printemps, mais de la majorité de ce Grand Conseil et de la politique qu’elle inspire au Conseil d’État.

Les raisons de notre NON à la gestion du Conseil d’État ?

  1. Nous rejetons sa «politique des caisses vides», basée sur la multiplication des cadeaux fiscaux aux nantis… Elle a fait perdre des centaines de millions par an aux caisses publiques. Ces prochains jours, la majorité de droite s’apprête pourtant à voter en commission deux projets accroissant les déductions sur la fortune et renforçant le bouclier fiscal. Ceci avant la PF17 (défunte RIE III), dont le gouvernement prépare «la deuxième saison». Les caisses vides résultent aussi des moyens insuffisants donnés à l’administration qui encouragent l’évasion fiscale… Pourtant, il s’est trouvé récemment 5 députés PLR / UDC en commission des finances pour refuser, et 2 députés MCG pour s’abstenir, sur l’engagement de 37 nouveaux taxateurs permettant une hausse de rentrées de 150 mios pour 2019.
  2. Nous rejetons sa politique d’austérité, certes moins brutale qu’il ne l’aurait souhaitée en raison des fortes mobilisations du secteur public et des usagers de fin 2015. Celles-ceux qui ne voient pas l’ampleur du rejet de cette politique devraient penser au sens du refus de la RIE III, en dépit des consignes de toute la droite, MCG compris, soutenue par les associations patronales; du rejet aussi de la hausse des tarifs TPG, soutenue par l’Entente, l’UDC et les Verts. De plus, les coupes opérées l’ont souvent été au mépris de la loi: suspension des mécanismes salariaux 2016 malgré le vote du parlement; coupes arbitraires dans les subventions. Ces passages en force sont un aveu de faiblesse dont les électrices-eurs devront tirer toutes les conséquences au printemps.
  3. Nous rejetons son inaction sur la CPEG, alors que l’an 2015 se concluait sur un rendement négatif de la fortune de la Caisse et que l’abandon du taux plancher de l’euro et les intérêts négatifs de la BNS annonçaient les difficultés à venir. Après la baisse du taux technique d’un demi-point, le gouvernement a laissé circuler des annonces alarmistes (baisses de rentes de 15 à 20%), incitant des centaines de fonctionnaires à demander une retraite anticipée. Abusant de ses prérogatives légales, il a désigné le nouveau président de la Caisse… Et ce n’est que le 6 avril que François Longchamp, préoccupé du dépôt du PL 12095 par 45 députés à l’initiative d’EAG, évoquera pour la première fois un plan de sauvetage. Heureusement, un débat public s’engage aujourd’hui, et nous avons espoir que des propositions plus avantageuses pour les assurés et pour toute la population puissent triompher.

Pour ces raisons, EAG appelle à rejeter le rapport de gestion du Conseil d’État.»

par Jean Batou, député EàG,
jean.batou@gc.ge.ch