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Les maîtres et maîtresses d’éducation physique, au primaire comme au secondaire, souffrent d’une inégalité de traitement salarial. Après avoir fait la sourde oreille, le Conseil d’Etat a bien été obligé de prendre en compte le fait que la chambre administrative de la Cour de justice était entrée en matière sur le recours formulé par l’association des profs de gym. La revalorisation salariale proposée ne permet toutefois pas d’atteindre l’égalité souhaitée entre membres d’un même degré d’enseignement. Au contraire, la demi-mesure soutenue par le département de l’instruction publique, si elle était appliquée, ne ferait qu’étendre les disparités.

Dans l’enseignement primaire, les maîtres-ses d’éducation physique sont rémunéré.e.s en classe 16, alors que leurs collègues généralistes sont en 18. Plus rien ne justifie cette différence de traitement, notamment en raison de l’introduction du mercredi matin d’école, en 2014. En effet, depuis cette date, les profs de gym enseignent 2 périodes supplémentaires (28, comme leurs collègues du primaire) et dispensent leurs cours seul.e.s face à des classes entières. Leur charge de travail et leur responsabilité se sont ainsi considérablement accrues, sans que la moindre compensation ne leur ait été accordée. Voilà bientôt 5 ans que cela dure et cette injustice flagrante mérite une vraie correction.

Dans l’enseignement secondaire, les profs de gym sont payé.e.s en classe 17 au lieu de la 20, comme leurs collègues qui enseignent les autres disciplines (qui incluent d’ailleurs la musique ou les arts visuels). Trois classes de différence, c’est énorme et, à nouveau, cela n’est pas soutenable. D’autant plus que, pour compliquer un peu la donne, si la charge de travail est répartie entre un enseignement disciplinaire quelconque à 51% et celui d’éducation physique à 49%, le salaire entier est alors en classe 20, mais pas dans la situation inverse, où il stagne en 17…

Or, le Conseil d’Etat, en réponse à la motion (M 2384) qui demandait l’égalité de traitement – c’est-à-dire que les profs de gym du primaire soient rangés dans la classe salariale 18 et ceux du secondaire en 20 – estime que passer respectivement de 16 en 17 et de 17 en 18 serait suffisant. A l’évidence, les inégalités perdureraient, en créant de surcroît de nouvelles différences entre pairs. Cette mesurette a été refusée et l’employeur doit revoir sa copie, entendre les arguments en faveur d’une réévaluation salariale correcte, et la faire aboutir. A noter que toutes et tous les maîtres-ses de discipline artistique et sportive (MDAS), de la 1P à la 8P, devraient obtenir en conséquence une égalité de traitement (la classe 18). Au secondaire, les profs de dessin ou de musique sont déjà en classe salariale 20, contrairement au primaire.

A terme, c’est l’ensemble du corps enseignant de l’école obligatoire (4-15 ans), sans exception, qui devrait être rangé dans une classe de traitement unique, afin de réaliser une vraie égalité salariale.

Aujourd’hui, SCORE (nouveau système compétence, rémunération, évaluation), projet constable et contesté par les syndicats depuis près de 10 ans, que les deux derniers gouvernements n’ont pas réussi à faire avancer (et tant mieux vu le défaut initial de la méthode utilisée), sert de prétexte pour bloquer les réévaluations salariales, ce qui s’apparente à un déni de justice. SCORE peut être abandonné au profit d’une politique salariale au sein de l’Etat plus égalitaire, plus juste, où les écarts diminuent au lieu de s’accroître!