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5 ans après son introduction, la semaine d’école de quatre jours et demi (rajout du mercredi matin) ne convainc pas. Organisation du travail chamboulée, profs surchargés, élèves fatigués, familles désorganisées, etc. : qu’en est-il vraiment ? Ensemble à Gauche s’était battu avec le syndicat du primaire contre l’augmentation démesurée de l’horaire de l’écolier. Mais lors du vote populaire du 11 mars 2012, la population l’a acceptée à 65%. Dès lors, il convient d’analyser sérieusement les effets de ce nouvel horaire afin d’étudier ensuite en quoi il doit être amélioré.

Le mercredi matin d’école, introduit à la rentrée 2014 pour les élèves de 8 à 12 ans (5P à 8P), est-il la cause d’une fatigue accrue des élèves ? C’est la question posée par une pétition (P 2056-A), que le parlement a traitée le 7 juin, préférant la déposer sur le bureau du Grand Conseil plutôt que de la renvoyer au Conseil d’Etat. Le fait qu’elle ait été initiée par des enfants est en soi intéressant. Des élèves de l’enseignement primaire qui se mobilisent pour défendre leurs conditions d’études ne laisse pas indifférent. Et cette pétition méritait donc d’être étudiée sérieusement. Elle l’a été, et la réalité fait que rien ne prouve, faute d’étude sur la question, que les élèves genevois seraient plus fatigués qu’auparavant. Ou qu’ils le seraient davantage que leurs condisciples des autres cantons. Toutefois, il est certain que ce nouvel horaire pose de multiples problèmes et que les alertes lancées par Ensemble à Gauche durant la campagne référendaire étaient fondées.

Aujourd’hui, de fait, l’élève genevois est celui qui a l’horaire le plus chargé du pays (33,1 périodes de 45 minutes). Les résultats scolaires sont-ils meilleurs ? Les activités périscolaires artistiques et sportives sont-elles en diminution à cause du mercredi matin d’école ? A part les 2 heures d’anglais en 7P et 8P, à quoi servent les autres périodes supplémentaires ? Etc. Quelle est la plus-value si des profs s’exténuent à boucher des trous ici et là dans diverses classes alors qu’auparavant ils suivaient le même groupe d’élèves sur la semaine ? La question de l’horaire de l’élève est vaste et ne peut pas être traitée à la va-vite (il a fallu 15 ans, de 1982 à 1997, pour supprimer le samedi matin d’école !), ni résumée à un « pour ou contre le mercredi matin ». L’analyse de ces cinq premières années est donc indispensable pour commencer à imaginer la suite. Ensuite, il faut bien considérer que cela prendra du temps d’essayer de concilier les intérêts du corps enseignant, des parents, des élèves, du parascolaire, des écoles artistiques, des clubs sportifs, des employeurs, etc., de tenir compte des expertises diverses, des recherches scientifiques (en chronobiologie par exemple) et des expériences qui ont fait leurs preuves ailleurs.

Olivier Baud