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Lors de cette séance du Grand Conseil, une motion initiée par le député Vert De Matteis et signée par des représentant-e-s de tous les partis, dont EàG, a fait l’objet d’une demande d’urgence et de discussion immédiate, suivie d’un vote unanime…

Il s’agissait du soutien des autorités genevoise à une grande “Marche pour la paix” de New Delhi à Genève qui se finira par trois semaines de débats et d’actions pacifistes ici en sept. 2020, dans le cadre d’un important “forum des peuples” (www.jaijagat2020.org). Les promoteurs de cette marche d’un an mettent l’accent sur les actions pacifistes organisées en chemin, dans le sens de la rupture non-violente avec un système qui use de la terreur et de la guerre au service d’intérêts contraires à ceux de la majorité des gens de la planète… mais qui reflètent les appétits de transnationales et autres acteurs d’une globalisation économique violente.

Or les député-e-s genevois recevaient, le même jour, l’invitation à la cérémonie militaire du 12 novembre au monument aux “Morts pour la Patrie” du Parc Mon-Repos. Pensant que le consensus pacifiste sur la motion demandait, pour le moins, pour ne pas être hypocrite de ne pas se dispenser d’un autoexamen en la matière et de ne pas tolérer la tartuferie militariste chez nous, le député Vanek est intervenu pour développer cette idée.

Elle figurait d’ailleurs dans une question urgente adressée le même soir au Conseil d’Etat (QUE 721) demandant un moratoire sur toute participation officielle à ladite cérémonie en 2017, pour en organiser une plus digne en 2018.

Or Pierre Vanek n’a pu exprimer que la première de ses critiques… celle sur la participation à la cérémonie d’organisations douteuses d’anciens combattants notamment d’anciens paras français ou de volontaires de guerre italiens… des militaires engagés au service de guerres coloniales et de régimes totalitaires… Avant d’être arbitrairement privé de parole par ordre d’un président considérant que de parler d’une motion pacifiste était une chose permise, mais que critiquer l‘armée et ses commémorations dépassait les bornes.

Le parlement et le public ont donc été privés des critiques sur le rôle répressif antisocial et meurtrier de l’armée suisse, par ex. lors de notre grève générale de 1918 qui a eu l’audace inouïe de réclamer… l’AVS, le droit de vote des femmes, et des élections à la proportionnelle notamment.

Et enfin, Pierre Vanek n’a pas pu souligner le fait que la plupart des morts « sous les drapeaux » en 14-18 ont sans doute été tués par l’armée suisse elle-même et son incompétence en matière de lutte contre la grippe espagnole… comme cela ressort du rapport – gardé honteusement secret – commandé par le Conseil fédéral à l’époque…

A signaler que l’intervention censurée de Pierre Vanek reprenait, pour part, les termes d‘une interpellation du Conseiller municipal EàG en Ville de Genève, Tobia Schnebli, qui demande à la Ville de boycotter la cérémonie du parc Mon-Repos.

par Pierre Vanek, député EàG,
pierre.vanek@gc.ge.ch