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Dans le Livre III du Capital, Karl Marx se moquait de l’économiste conservateur allemand Karl Arndt qu’il traitait de « philosophe de la taxe sur les chiens », parce qu’il défendait une telle innovation fiscale. Or, aujourd’hui… deux députés de « l’alternative » parmi les plus proches de la droite, le socialiste Romain de Sainte Marie et le vert Matias Buschbeck, lancent un référendum facilité (500 signatures) précisément… pour la réintroduction de la taxe cantonale sur les chiens, récemment abolie par le Grand Conseil avec l’appui d’Ensemble à Gauche. Rappelons que le coût de perception de cet impôt ampute une partie des misérables 2,1 millions qu’il rapporte annuellement.

S’agit-il d’un combat entre celles et ceux qui, aiment les chiens (comme Karl Marx, qui en avait trois, et n’aurait pu s’acquitter d’une taxe) et celles et ceux qui veulent qu’on les tienne plus étroitement en laisse? On pourrait le croire. Comme me le disait récemment un député du PLR : « À mes électeurs·trices qui aiment les chiens, je dis que je suis contre cette taxe, à celles et ceux qui ne les aiment pas, je dis que je suis pour. Tout ceci n’a pas d’intérêt

Electoralisme mis à part, on serait tenté de lui donner raison, sauf que la gauche devrait par principe s’opposer aux taxes non proportionnelles aux revenus. En effet, s’il est légitime de détenir un chien, les coûts qu’il occasionne à la collectivité devraient être pris en charge par l’impôt direct progressif, comme celui occasionné par un chat (dont l’élimination des litières pose de gros problèmes environnementaux).

Or, pour les personnes âgées comme pour les enfants, pour lesquels ils sont des compagnons importants, les chien sont des interlocuteurs, des créateurs de liens sociaux, des prétextes à promenades, des partenaires de jeu… dont le rôle psychosocial et pédagogique n’est pas à démontrer. Source de bien être pour des milliers de nos concitoyen·ne·s, à qui ils coûtent déjà fort cher (nourriture, équipement, soins, etc.), il paraît donc injuste de le taxer de surcroît.

Dis moi qui te hante, je te dirai qui tu es… Est-ce vraiment un hasard que ce soit précisément Romain de Sainte Marie (PS), partisan d’une baisse massive de l’imposition des entreprises qui coûtera plus de 400 millions aux collectivités publiques, et Mathias Buschbeck (Ve), soutien obstiné d’un projet de loi qui péjore les retraites de la fonction publique, qui défendent avec des membres du PDC et du PLR la réintroduction d’une taxe socialement injuste sur les détenteurs·trices de chiens ?

Jean Batou