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Fin 2018, sur 783 employé·e·s déclarés, la compagnie de services au sol émiratie Dnata, avait 367 auxiliaires. Plus de 300 de ces employé·e·s étaient payés à l’heure, sans taux d’activité garanti. Leur salaire pouvait changer tous les mois. Pourtant, selon le Tribunal Fédéral : « le travailleur doit pouvoir compter sur un certain taux d’activité pendant toute la durée des rapports de travail, sans être soumis au bon vouloir de l’employeur s’agissant de sa rémunération moyenne ». Plusieurs de ces employé·e·s travaillaient moins de 100 heurs par mois, leurs horaires étaient irréguliers, et ils-elles ne pouvaient avoir un autre travail en plus.

Afin de réagir contre cette situation intolérable, le syndicat UNIA avait remis une pétition au conseiller d’État Mauro Poggia, munie de 1 784 signatures, le 26 juin dernier, lui demandant d’intervenir pour garantir « des emplois à un taux et un salaire décent » et « limiter au maximum le nombre d’emplois précaires ». En votant une motion des Verts, soutenue par EàG, le Grand Conseil à invité le Conseil d’État à agir pour garantir que le personnel d’une société mandatée par l’Aéroport international de Genève (AIG), un établissement public autonome placé sous la responsabilité de l’Etat, ne subisse plus des contrats « zéro heure garantie » et des conditions de travail dégradantes.

Au-delà, une question plus fondamentale se pose : pourquoi l’AIG adjuge-t-il délibérémement ses services au sol à plusieurs compagnies concurrentes, suscitant ainsi un dumping incessant des salaires et des conditions de travail de leurs employé·e·s ? Pourquoi ne confie-t-il pas cette tâche à une seule société publique, garantissant à son personnel un statut analogue à celui des employé·e·s de l’État ? Ne se fait-il pas ainsi ouvertement complice de la dégradation des conditions de vie de tous les salarié·e·s du canton ?

Jean Batou