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COVID-19 dresse un acte d’accusation contre un ordre social qui a sacrifié le bien commun au profit privé d’une petite minorité de privilégiés. Sa gravité en termes de souffrances et de pertes humaines résulte des politiques néolibérales qui ont affaibli sur le long terme les systèmes de santé publique (prévention et soins), délocalisé la production de produits pharmaceutiques et de dispositifs de protection sanitaires de base, et généralisé la production à flux tendu, supprimant une grande partie des stocks.

La priorité de nos sociétés doit être de travailler à garantir à chacun·e ce qui est nécessaire au bien commun: alimentation de qualité; logements répondant aux besoins; système de santé public gratuit axé sur la prévention et offrant les meilleurs soins à toutes·tous; formation permettant à chacun·e de développer toutes ses potentialités; respect d’un métabolisme équilibré entre environnement naturel et activités humaines; encouragement à la recherche pour soutenir de tels objectifs. Réaliser ces buts est possible immédiatement, à condition que le travail de toutes et tous vise à répondre aux besoins prépondérants de la société dans son ensemble, et non à la recherche insatiable du profit d’une petite minorité. Nous envisageons le revenu universel de base comme un droit collectif à la mise à disposition gratuite des biens et services indispensables. Il passe donc par une extension massive du domaine des services publics, des assurances sociales et de la gratuité.

Nos priorités sont:

  1. Réduction massive du temps de travail. En Suisse la moyenne du temps de travail effectif est i de 36 heures, parce que les femmes sont souvent astreintes à des temps partiels parce qu’elles accomplissent l’essentiel des tâches de reproduction. Pour aller vers l’égalité femmes-hommes, il faut réduire le temps de travail à 35 heures pour toutes·tous et aller vers le partage égal des charges et responsabilités éducatives, de soin et de ménage non prises en charge par les services publics (v. ci-dessous).
  2. Service public de santé combinant prévention et formation (dans les écoles et le monde du travail), soins (à domicile, hospitaliers, en EMS, dentaires), contrôle public de l’industrie pharmaceutique (pour garantir la production des médicaments et équipements indispensables) et recherche, accessible à toutes·tous grâce à une assurance universelle financée paritairement par les salarié·e·s et les employeurs, avec cotisations proportionnelles au revenu, selon le système de l’AVS.
  3. Service public de l’éducation, des structures d’accueil de la petite enfance aux hautes écoles, incluant les disciplines artistiques et sportives, luttant contre les discriminations de genre, attentif aux difficultés de chacun·e afin de permettre le développement des potentialités de toutes·tous, avec un soutien massif à la recherche publique visant à répondre aux besoins sociaux prépondérants.
  4. Service public de l’AVS-AI basé sur une extension massive du mécanisme de répartition, permettant de maintenir le niveau de vie des aîné·e·s et des handicapé·e·s de façon appropriée, comme le veut la constitution. En versant nos cotisations LPP à l’AVS-AI, en maintenant les subventions publiques actuelles à l’AVS-AI et en transformant la fortune totale du 2e pilier (1000 milliards) en fond de réserve, nous pourrions garantir des prestations AVS-AI+++ équivalant à 80% du dernier salaire, avec un plancher à 4000 F. et un plafond à 8000 F., réduisant massivement les inégalités femmes-hommes.
  5. Service public du logement visant au contrôle public des bâtiments locatifs et des terrains à bâtir, afin que les loyers ne dépassent pas le 10% du revenu déterminant unifié (RDU) et que de larges compétences soient données aux habitant·e·s pour la gestion des immeubles et des quartiers. Les 1000 milliards du fonds de réserve de l’AVS+++ pourraient être affectés à l’achat d’immeubles locatifs et de terrains à bâtir, ainsi qu’à l’isolement thermique des constructions.
  6. Service public de l’environnement, en charge de: a) de planifier le remplacement du transport aérien sur moins de 1000 km par le rail, mais aussi de l’automobile par des transports en commun gratuits et par la mobilité douce en zone urbaine; b) de planifier l’isolement thermique à bref échéance de tout le domaine bâti; c) de soutenir l’agriculture biologique de proximité, les circuits courts et la réduction massive des déchets liés au conditionnement de la distribution alimentaire; d) d’interdire la publicité commerciale.

L’optimisation du bien commun n’est réalisable qu’en rompant avec des choix d’activités productives et de services dictés par la maximisation du profit privé. Elle implique le contrôle public de secteurs d’activité fondamentaux. Elle nécessite aussi un financement accru des services publics et des prestations sociales par une fiscalité fortement redistributive de la propriété foncière, des gros héritages, des grandes fortunes, des dividendes gros actionnaires, des bénéfices des entreprises, ainsi que de toutes les formes de spéculation.