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Héritière des ateliers de Sécheron fondés en 1879, ABB Sécheron est une entreprise genevoise spécialisée dans les transfos de traction. Un fleuron restant du secteur industriel genevois malmené…

Fin octobre, le directeur s’en allait signalant son refus des plans de restructuration du groupe ABB, alors qu’en 2 ans, environ 20 % des postes avaient déjà été perdus suite aux délocalisations de lignes de production. Le lendemain, un débrayage massif des employé-e-s disait leur résistance face au pillage de leurs emplois et savoir-faire au bénéfice des taux de profit mirobolants attendus par les actionnaires du groupe industriel qui a vu son bénéfice net bondir de 23% en un an, ascendant à 1,8 milliard les 9 premiers mois de 2017, et qui sert un “salaire” de 9,4 millions par an à son PDG.

Le 6 novembre, ABB annonçait la couleur: 100 postes fixes et 47 emplois temporaires partent en Pologne à la recherche de plus bas salaires. Les autorités crééent alors une task force, mais surtout, les travailleurs-euses ont entamé un arrêt de travail, consacré à une consultation, en continu, sur le site, avec leur syndicat UNIA sur les perspectives de maintien de l’emploi…

Six jours d’arrêt de travail
C’est six jours durant que toute production aura été arrêtée et que toute livraison aura cessé au départ du site en direction des autres usines du groupe… A la suite de cette mobilisation ouvrière importante, le plan de liquidation aura été suspendu – pour l’instant – et des négociations ouvertes jusqu’à mi-décembre, avec un objectif syndical de maintien de tous les emplois à Genève.

Jeudi dernier, une motion urgente à l’initiative d’EàG était débattue et votée massivement au parlement. Elle demande au Conseil d’Etat de «mettre en œuvre tous les moyens économiques et politiques, notamment l’exigence du remboursement des aides publiques reçues, permettant […] d’exercer des pressions sur la direction du groupe ABB pour appuyer les revendications des travailleur-euses du site et le maintien des emplois qualifiés …»

Mais la motion veut aussi que le gouvernement rende «un rapport détaillé sur l’histoire et l’état du secteur industriel genevois, en particulier l’industrie des métaux et machines, donnant une vision complète de son évolution économique et sociale, en termes d’implantation, d’emplois, de qualifications et de marchés… afin de servir de base pour débattre de propositions structurelles permettant de combattre la désindustrialisation et la perte dun patrimoine industriel genevois irremplaçables…»

Défendons les emplois industriels !
En effet, le mauvais coup contre ABB Sécheron reflète un mal profond du secteur industriel et métallurgique genevois, des entreprises «rentables», créatrices d’emplois qualifiés, héritières d’une culture industrielle exceptionnelle, succombent en cascade depuis des lustres, face aux exigences boursières d’actionnaires dont le profit immédiat maximisé est la seule boussole.

Un débat s’impose donc à Genève sur des mesures structurelles de politique économique pour faire face à cette situation. C’est ce qu’ont compris les 73 député-e-s qui ont voté la motion, malgré des abstentions et des oppositions de député-e-s de l’Entente, notamment 9 NON libéraux sur les bancs du PLR venus désavouer leur propre magistrat en la matière.

Retrouvez le texte de la motion en cliquant ici.

par Pierre Vanek, député EàG,
pierre.vanek@gc.ge.ch