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Depuis la fin de l’année 2016, la Caisse de pension de l’État de Genève (CPEG) fait l’objet d’une grande attention. En réponse au remède de cheval préconisé par la Caisse et le Conseil d’État, EàG a œuvré à la construction d’une alternative acceptable, qui sera discutée lors d’une session extraordinaire du Grand Conseil fin avril.

Fin 2015, la contre-performance de ses placements (-0,4%), suite à la suppression du taux plancher de l’euro et à l’introduction de taux négatifs par la BNS, avaient déjà conduit à tirer la sonnette d’alarme. Fin 2016, même si ses rendements ont été excellents (+ 5,8%), la baisse du taux technique recommandée par « l’expert agréé », de 3% à 2,5%, sans passer par le palier intermédiaire de 2,75%, a entraîné mécaniquement une forte diminution de son taux de couverture.

Première réaction du Comité de la caisse : une hausse d’un an de l’âge pivot au 1er janvier 2018, qui correspond à une baisse de 5% de ses prestations. Dans la foulée, le Conseil d’Etat a imposé son « homme de confiance » à la présidence de la CPEG, l’avocat Eric Alves de Souza, cité dans l’affaire des Panama Papers… Celui-ci a plaidé l’urgence d’une potion beaucoup plus amère, dès janvier 2019, soit une nouvelle baisse des prestations de l’ordre de 15% (passage du taux de rente à 51% du dernier salaire, plutôt que 60% actuellement !).

Dans ce climat de dramatisation entretenue, le Conseil d’Etat nous annonce Noël en avril en déclarant qu’il est prêt à recapitaliser la CPEG à hauteur de plusieurs milliards et à adoucir la potion du docteur de Souza… Mais à une « petite » condition : que les assurés acceptent de renoncer à la « primauté de prestations » pour la « primauté de cotisations ». Objectif : faire porter tous les risques aux assurés et dégager l’État de sa responsabilité par rapport à la Caisse. Passer en force une décision aussi coûteuse pour l’Etat et les assurés dans l’urgence, serait pure folie. C’est pourquoi Ensemble à Gauche a déposé un projet de loi, soutenu par le PS, les Verts et le MCG, et signé par 45 député·e·s, qui exigent aussi la tenue d’une session extraordinaire du Grand Conseil à ce sujet, le 24 avril. Nos propositions seront rendues publiques ce lundi.

par Jean Batou, député EàG,
jean.batou@gc.ge.ch