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Deux jours à écouter l’extrême droite insulter toute la population mondiale non suisse, à l’occasion du débat sur une motion intitulée «Pas de requérants d’asile près de nos écoles» notamment, est un exercice de haute voltige si l’on veut rester calme. Malgré ma bonne volonté (sic), je n’ai pu éviter le pire de tous les arguments…

A l’occasion d’un pause, un député UDC m’a interpellée. Avec beaucoup de patience, il m’a expliqué en toute bonne foi qu’il était d’accord avec moi, alors que je ne lui avais pas adressé la parole, mais que c’était pour le bien être des requérants eux-mêmes qu’il soutenait la non proximité d’enfants avec eux. Une population de jeunes gens, célibataires et frustrés, peu habitués à nos coutumes… La moutarde est définitivement montée quand il a ajouté : « c’est seulement pour leur éviter des tentations ! »

Depuis quand est-il légitime de désigner les enfants comme une tentation ? Comment ne se rend-il pas compte que paradoxalement c’est son image en miroir qu’il renvoie par ses craintes et l’utilisation de ce mot ?

En Histoire « quand vous rétrécissez le temps observé à des fractions menues, vous trouvez ou l’évènement, ou le fait divers ; l’évènement se veut, se croit unique. Le fait divers se répète et, en se répétant il devient généralité ou mieux structures »* Bien qu’inquiétante, j’ai trouvé cette citation comme une réponse possible à ces questions.

*Fernand Braudel, Les structures du quotidien

par Salika Wenger, députée EàG,
salika.wenger@gc.ge.ch