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Lundi 23 avril, deux Genevois ont été interpellés et mis en détention préventive à Gap en France. Ils sont accusés d’« aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire national et en bande organisée ». Une troisième personne est détenue à Marseille pour le même chef d’accusation. Quatre ressortissant·e·s italiens ont également été arrêtés.

Les trois personnes ont été arrêtées suite à une manifestation regroupant migrant·e·s et personnes solidaires qui a passé la frontière franco-italienne entre Montgenève et Briançon où se trouve le Refuge Solidaire qui accueille des migrant·e·s. Cette manifestation faisait suite à une provocation de l’organisation d’extrême droite Génération identitaire qui avait bloqué le col de l’Echelle afin de dénoncer « le flot de clandestins » en affirmant que « les Français ne veulent plus d’immigration ».

Une manifestation pour un accueil digne a donc été organisée, qui revendiquait le respect des droits fondamentaux des migrant·e·s, dont les demandeur·euse·s d’asile. La police française a répondu en arrêtant six personnes, dont deux Suisses, qui ont été placées en garde à vue. Après 24 heures, elles ont été placées en détention préventive dans l’attente de leur audience prévue le 31 mai. Ces militants sont accusés d’« aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire national et en bande organisée ». Cette mesure légale permet de punir le « délit de solidarité » de lourdes peines de prison pouvant aller jusqu’à sept ans.

Cette procédure ultra-répressive est révoltante. Rappelons que le passage par les Alpes était un chemin largement emprunté par les activistes de la résistance durant la Seconde Guerre mondiale. L’absence cruelle d’humanité dont l’Europe fait preuve envers les demandeur·euse·s d’asile depuis de nombreuses années pousse des milliers de personnes révoltées à agir dignement en prêtant main forte aux migrant·e·s. Nier le droit de concrétiser la solidarité envers des personnes vulnérables s’apparente à une amnésie historique particulièrement choquante.

Par ailleurs, il n’y a aucune raison valable pour maintenir en détention des personnes accusées d’un acte de solidarité revendiqué : les accusé·e·s ne présentent aucun danger pour la société. Il s’agit donc d’un acte de zèle parfaitement déplacé de la justice française, qui criminalise les actions de solidarité et la lutte pour le respect des droits des migrant·e·s. Génération identitaire ne s’y est d’ailleurs pas trompé et a crié victoire face à la réaction des autorités françaises.

Nous dénonçons cette répression à l’encontre des militant·e·s et les politiques de criminalisation de la migration. Nous demandons l’abandon des procédures à l’encontre des militant·e·s et à défaut leur mise en liberté immédiate jusqu’à la date de l’audience.

Ensemble à Gauche, Parti Socialiste genevois, Les Verts genevois, Stopexclusion, UNIA Genève, SIT, SSP Genève, solidaritéS, Jeunes Vert·e·s Genève, solidaritéS-Jeunes